LE NOMBRE 3 : LE TERNAIRE ET L’ANALOGIE.

« Trois est la formule des mondes créés, il est le signe spirituel de la création. » (Balzac – Louis Lambert). Notons que madame Balzac était une élève de monsieur Constant, un arithmologue,  plus connu sous le pseudonyme d’Elihpas Lévi. Jamais deux sans trois affirme un adage populaire. Avec le nombre 3 apparaît l’idée de synthèse car 1+2 deviennent complémentaires en s’unissant pour le produire. « Trois, le pendule qui va tantôt à droite, tantôt à gauche pour équilibrer et faire mouvoir. » (A. Desbarolles). Dieu, le créateur, se présente sous un triple aspect (la trinité). Lao Tseu enseigne dans le Tao-té-king que Tao possède une nature triple. Pour les brahmanes, il existe 3 dieux principaux (Brahma, Shiva, Vishnou),  3 védas, 3 gunas, 3 yeux de Shiva. Pour les chrétiens : 3 vertus théologales et 3 ordres de bienheureux. Pierre renia 3 fois le Seigneur. 3 rois mages suivirent l’étoile d’orient. Les Grecs buvaient 3 fois pour célébrer les 3 grâces et partageaient le monde en 3 parties dirigées par 3 divinités. les Scandinaves adoraient l’arbre à 3 racines qui porte le monde et les 3 fées. Les Quichuas argentins attribuent à chaque individu 3 âmes ( le cœur qui aime, la tête qui pense et les bras qui travaillent). Les Shintoïstes japonais, les Celtes, les Phéniciens, les Egyptiens , pratiquaient des cultes trinitaires très élaborés. Les prêtres égyptiens et hébreux exprimaient leurs pensées de 3 manières. La première était claire et simple, la seconde symbolique et figurée,  la troisième sacrée et initiatique. En philosophie, Kant reconnaît 3 fonctions intellectuelles qui constituent tout le mécanisme de la connaissance : 1) la sensibilité qui perçoit les choses, 2) l’entendement qui saisit leurs rapports et 3) la raison qui consiste à lier les jugements en vue du raisonnement. Par ailleurs, on frappe souvent 3 fois à la porte, et, toujours 3 coups au théâtre. On compte jusqu’à 3 pour donner le départ d’une course. On se trouve parfois face à 3 options et on applique en arithmétique la règle de trois. Il y a 3 propriétés essentielles de la matière : pesanteur, affinité, cohésion. En mécanique, 3 principes fondamentaux : inertie, mouvement, équilibre. 3 espèces de mouvement : constant, accéléré, retardé.  3 éléments en géométrie : la ligne, la surface, le volume. 3 couleurs fondamentales pour la lumière : rouge, bleu, jaune. En musique, 3 notes de la gamme pour un accord parfait : do, mi, sol. il faut 3 côtés pour former la figure la plus simple : le triangle. 3 point d’appui au minimum pour assurer un équilibre stable. 3 parties au moins dans un discours…etc.. Vous connaissez certainement d’autres exemples dans tous les domaines et secteurs de la vie. 3 est un nombre triangulaire  car 3 points disposés au hasard ne peuvent former qu’un triangle (la ligne droite n’est pas une figure géométrique) qui contient à lui seul l’angle, la droite et la surface (véritable synthèse de la géométrie). Ceci explique la signification symbolique du triangle ou nombre 3, et,  justifie ses applications dans toutes les cultures. La tri-unité constitue une loi d’action qui régit tous les domaines de l’univers visible et invisible. Les Anciens utilisaient la loi d’analogie. « Il y a un vif plaisir d’intelligence à entrevoir, dans une analogie, l’amorce d’une loi ». (Maurois). Mais, analogue ne veut pas dire semblable . Exemple : le poumon et l’estomac reçoivent de l’extérieur quelque chose qu’ils transforment (respectivement de l’air et de la nourriture). Donc, le poumon et l’estomac exercent une fonction analogue et sont analogues entre eux. Cependant, ils ne sont pas semblables (Dr G. Encausse). Un nombre incalculable de Faits sont gouvernés par un petit nombre de Lois, issue d’un très petit nombre de Principes . Exemple : Principe (cause première) la gravité – Loi (cause secondaire) : la pesanteur- le Fait : la stabilité, l’ancrage au sol. Cette articulation basée sur le nombre 3 (faits-lois-principes) régit la loi d’analogie. Les 3 termes de cette gradation se retrouvent dans l’homme en qualité de microcosme (petit monde) et dans l’univers, le macrocosme (grand monde). Connaître l’un permet de connaître l’autre, car : «  tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » (la table d’Emeraude d’Hermès le Trismégiste – 3 fois sage). Les Anciens appelaient « Faits-Lois-Principes » les 3 mondes. Pythagore et d’autres avant lui, envisageaient l’homme sous 3 modifications principales (âme, corps, intelligence) comme l’univers. Ils comparaient l’univers à un grand homme et l’homme à un petit univers. L’usage du 3 s’étendait depuis le sens de l’écriture jusqu’à la science et la métaphysique, et, se retrouve chez un de nos plus célèbres romanciers. Balzac écrit : «  Il existe 3 mondes : le naturel, le spirituel, le divin. Il existe donc nécessairement un culte matériel, un culte spirituel, un culte divin ; 3 formes qui s’expriment par l’action, par la parole, par la prière, autrement dit, le fait, l’entendement et l’amour. » (Louis Lambert). Essayons de comprendre la signification du nombre 3 et du système ternaire. Deux opposés ont entre eux un intermédiaire résultant des deux (exemples : 1+2=3 , thèse+antithèse=synthèse, esprit(1)+matière(2)=création(3). Applications : - femme/homme : intermédiaire résultant des deux : l’enfant.

-          lumière/ombre : intermédiaire résultant des deux : la pénombre.

-          chaud/froid : intermédiaire résultant des deux : le tiède.

-          positif/négatif : intermédiaire résultant des deux : le neutre.

Nous obtenons ainsi les 3 termes qui construisent le ternaire : 1 actif, 2 passif, 3 neutre, le 3 résultant de l’action actif/passif (3=1+2). Cette loi s’applique partout. La 21ème lame du tarot (le monde) (21 =2+1=3) est une figure-principe qui explicite la loi d’analogie.

Caractéristiques principales du nombre 3 :

-          Sexe : impair, masculin, actif.

-          Image : l’impératrice (3ème lame du tarot).

-          Elément : la terre (les plaisirs).

-          Couleur : le jaune.

Correspondances :

-          Alphabet : L, C, U

-          Alphabet hébraïque : lettre double : Guimel.

-          Cabale, hiéroglyphiquement : la main qui prend mais aussi la gorge (organe de la parole). Les langue sacrées sont gutturales et corporifiées.

-          Cabale : les 3 lettre mères.

-          Religion : la trinité ou tri-unité.

-          Séphirotique : l’intelligence infinie (Binah).

-          Famille : l’enfant en tant que « fruit » de la femme.

-          Corporelle : foie, vésicule biliaire.

-          Animale : le cheval.

-          Zodiacale : le sagittaire.

-          Philosophique, ésotérique : la triade, le monde crée résultant de l’intelligence active (1) et de la matière réceptive (2).

-          Minérale : l’étain.

-          Végétale : la pivoine.

-          Géométrique : le triangle.

-          Runique : Rune 3 : Thorn : l’énergie, la force du dieu Thor qui enrichit les êtres.

-          Yi-king : trigramme 3 :Li : force et beauté. – hexagramme 3 : T’oun qui signifie : commencement difficile mais force sous-jacente assurée.

Vidéo : La lettre Guimel

Vidéo :  Le Guimel selon Perek Chira